READ ONLINE PAR MAXIME GUEUGNEAU

Pour fêter sa toute nouvelle résidence au Social Club (le 6.10 et on a des places pour vous), le DJ house Djebali, a eu la gentillesse de répondre à notre interview et de nous faire goûter à son mix spécial.

 

Kiblind : Bonjour, est-ce que tu pourrais te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ? 

Djebali : Bonjour a tous, je suis Djebali, dj et producteur depuis plusieurs années, membres de Lola ED, agences de dj parmi lesquels Dan GhenaciaDyed SoundoromShonkySeuilJef K… et depuis un peu plus d’un an, boss et label manager de ( djebali ) rec. 

 

Kiblind : Tu pratiques une house « chaude », funky, à l’inverse de pas mal de tes contemporains. C’est important pour toi que ta musique soit faite pour danser ? Qu’elle ait ce côté sensuel ? 

Djebali : Je viens de ce qu’on peut appeler la culture club, et quand je produis, je traduis ce que je suis. Quand je sors en club, c’est pour danser et m’amuser, l’état d’esprit «happy » correspond à ce que je suis, à ce j’ai envie d’écouter la plupart du temps  

 

 

Kiblind : On peut donc imaginer que tes influences remontent assez loin dans le temps ? 

Djebali : J’ai une énorme influence funk, à l’époque je me souviens que je passais des heures à copier les cassettes de funk que mon frère me ramenait. C’était des versions spéciales venu de vinyles vendu exclusivement au Japon, et qui comportaient des edits extended.. Le rêve ! 

 

Kiblind : Ce côté « old school » qui te caractérise (notamment sur les sorties (djebali)), est-il renforcé par le fait que tu travailles sur machine ? Et pourquoi ce choix ? 

Djebali : Je ne pense pas que ce soit une relation de cause à effets même si effectivement le choix de certains outils de travail conditionne forcément ton son. Beaucoup de producteurs travaillent sur machines et font de la music très moderne et parfois très froide. Ce cote oldschool je l’ai choisi et je travaille donc dans ce sens, c est sans doute les sonorités qui me parlent le plus et qui me font ressentir le plus de choses. Pour être honnête J’ai choisi de ne bosser qu’avec des machines tout simplement par confort. Je pense sincèrement que l’important est de trouver les outils avec lesquels on se sent le mieux et qui nous permettent d’exprimer ce que l on veut. Pour moi, ce sont certaines machines, certains synthés, pour d’autres ce sera différents modèles de synthés, et encore pour d’autres, des plug ins…

 

Kiblind : Rares sont ceux qui, comme toi, ont choisi de créer leur propre label pour sortir leur musique. Après avoir sorti des disques sur des labels aussi prestigieux que Tuning Spork ou Freak n’Chic, était-ce un confort nécessaire ? 

Djebali : Au moment où j’ai décidé de créer la série (djebali), c’était une nécessité. J’avais besoin de sortir mes morceaux dans des délais très courts après les avoir produits. On est aujourd’hui dans une période ou il y a beaucoup de producteurs, beaucoup de musique accessible en quelques clics…: les tendances changent très vite. Il faut être réactif… Mon label, c’est aussi défendre un style, et ce sur la durée. La série (djebali) ne comporte que mes sorties car le but n’étaient pas d’ajouter un label %u201Cclassique%u201D supplémentaire : j’ai autour de moi beaucoup d’amis et de connaissances qui ont déjà des labels et des plateformes très qualitatives. Et puis, il est quand même plus facile de gérer un planning d’artiste quand vous êtes le seul artiste du label (lol).

 

Kiblind : Avec toi, Le Loup ou Clément Meyer, la house française peut voir venir. Que penses-tu de ce renouveau de la house en France ?

Djebali : C’est ce qu’on attendait depuis quelques années ! Plus il y aura d’acteurs sur la scène électronique, plus ce mouvement s’amplifiera et touchera un plus large public. Je ne vois que des bénéfices pour tous à ce qu’il y ait pléthore d’artistes. De plus, comme pour reprendre votre exemple, je pense que Le loup, Clément Meyer et moi-même avons chacun notre singularité et notre approche de la musique électronique : ca diversifie et enrichit ce mouvement : chacun s’y retrouve !   

 

Clement meyer – nobody sleeps by clementmeyer

 

eklo 021 – C1 Ghettos Of The Mind (Preview) by Le Loup

 

Kiblind : Sur (djebali), les disques ne sortent qu’en vinyle. Est-ce que c’est uniquement une histoire de sonorité, ou y a-t-il un retour du caractère « fétiche » dans la musique ?

Djebali : C’est un choix personnel : je voulais de toute façon forcement sortir mes morceaux en vinyl : j’ai commencé très jeune a acheter des vinyls, et je suis fan de l objet. De plus lorsque tu créer quelque chose, tenir l objet qui correspond a cette création est beaucoup plus fort. Si tu sors tes morceaux seulement en digital tu te places plus dans un système de consommation extra rapide de la musique. Il y a un cote timeless dans le vinyl qui me plait beaucoup. C’était le but avec la série ( djebali ) et c’est pourquoi j’ai décidé de ne pas faire de digital pour cette série. Ce qui ne m’empêche pas du tout d’avoir d’autres projets en parallèle, ou les morceaux sortent en vinyl et en digital voire même parfois en digital uniquement, par exemple « Reputation » que j’ai sorti sur Nordik Net uniquement en digital.. Tout cela est une histoire de parti pris.. Quel vie veux-tu pour ton morceau ?   

 

 

Kiblind : On a lu que l’objectif de (djebali) était d’arriver jusqu’à au moins 10 sorties. Est-ce toujours d’actualité ? Que va-t-il devenir ensuite ? Des signatures en perspectives ?

Djebali : Oui l’objectif principal était d’en faire au moins 10 : ca peut paraître peu mais aujourd’hui la vie d’un label «vinyl only » ne tient pas à grand-chose : la réalité c’est que tu vas vendre entre 300 et 500 copies quand ca marche bien. Or avec ces quantités tu ne peux pas gagner d’argent … le tout est donc d’éviter d’en perdre ! Vu que c’est plutôt bien parti avec le label, je pense pouvoir continuer après les fameuses 10 sorties, mais rien n’est jamais sûr : je suis tout seul pour gérer le label et faire les morceaux en meme temps, pour l’instant j’arrive a tenir le rythme d’1 sortie tous les 2 mois environ mais avec le planning dj qui se remplit, il faut etre très organisé pour tenir les délais que je me suis fixé, j’essaye d’optimiser les temps de production au maximum. On verra l’année prochaine où en sera le projet ( djebali ) : effectivement je le ferai peut être évoluer en faisant une série de remixes des morceaux déjà sortis.. Mais il n’y aura pas de signature d’originaux d’autres artistes sur ce projet ! Peut-être cela sera-t-il par contre l’objet d’un autre projet car je reçois énormément de morceaux de jeunes artistes…  

 

 

Kiblind : Tu as joué dans quelques-uns des clubs les plus prestigieux de la planète. Quel pourrait être, selon toi, le club parfait ? 

Djebali : Le club parfait pour moi c est avant tout la rencontre entre l’énergie d’un public et un dj. Bien sur le lieu contribue énormément comme au dc10 ou au panorama bar mais la encore, ce sont des ambiances totalement différentes bien que les 2 fassent parti des meilleurs club au monde. Il y a également parfois des clubs où tu joues un soir, tu y passes une soirée extraordinaire et pourtant quand tu y retournes quelques mois après, la magie n’est plus la… Je ne crois donc pas au « club » parfait mais il y aura toujours des soirées magiques que ce soit a tel ou tel endroit…  

 

 

 

Kiblind : Qu’est-ce que tu attends de cette résidence au Social Club ? 

Djebali : C’est ma 1ere résidence sur Paris, après avoir joué dans beaucoup de clubs sur la capitale ces dernières années… J’ai la chance de pouvoir le faire avec le social club qui est très ouvert et me donne la possibilité de m’exprimer tant sur les plateaux que sur l’organisation. Lola Ed et le social s’investissent énormément dans cette nouvelle résidence, ca me permet de me rassurer sur certains points mais surtout ca me donne une énergie de fou pour que ces soirées soient une grosse réussite !

 

Kiblind : Et nous, à quoi devons-nous nous attendre ? De grands noms ou des découvertes ? Ou les deux ? 

Djebali : Les 2 bien sûr ! Par exemple, pour la 1ère, j’invite Mayaan Nidam (aka Miss Fitz) que tout le monde connaît sur notre scène et qui est un super dj, mais aussi Genius of Time qui viennent pour la 1ere fois a Paris et qui font un live terrible ainsi que Bill Patrick qui fait beaucoup parler de lui en ce moment. J’ai également beaucoup d’artistes confirmé, des exclus pour des sorties d albums ; des live 100% analogiques… Et comme pour moi une soirée réussi c est plein de petits plus , attendez-vous a des surprises !

 

Maayan Nidam – Boastful

 

Kiblind : Quelle est la suite de tes aventures discographiques ? 

Djebali : Je viens de sortir un remix pour Jozif, sur Culprit LA le label d’amis américains, et le ( djebali 05 ) est dans les back depuis 1 semaines environ, après avoir bien tourne cette été au dc10 en particulier… La suite, c’est la préparation du ( djebali 06 ) que je n’ai pas vraiment eu le temps de bosser cet été : j’ai passé toute la saison à ibiza et avec en plus le planning dj, je n ai pas eu le tps de bosser a hauteur de mes attentes…. Je vais donc passer beaucoup de temps en studio et sur l’organisation de la residence au Social Club… la rentree s’annonce chargée ! 

 

 

 

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Djebali inaugure ses résidences au Social Club le samedi 6.10 pour la soirée Ideal Juice qui invite Maayan Nidam, Genius of Time et Bill Patrick. Entrée 15€/Préventes 13€. 10 places à gagner ici