Je n’avais pas eu l’occasion d’assister à la précédente Katapult Party l’année dernière dans le même lieu qu’est l’Electric avecRicardo Villalobos mais aussi Thomas Melchior et Baby Ford. Certains la qualifiaient de “plus belle soirée de l’année”, d’autres encore allaient plus loin en la désignant “de soirée leur vie”.. Alex et Laetitia remettaient le couvert en invitant Daniel Bell et Jef K à se joindre au génie originaire du Chili et maintenant installé à Berlin. L’engouement pour cette “2ème édition” était sans précédent, les gens qui avaient eu la chance de danser jusqu’au petit matin avaient fait passer le mot, coucher de soleil, en trance, en communion, un public aux aguets et un Ricardo des grands soirs ressortaient des conversations, un clan s’était formé, ce cercle très fermé des chanceux qui étaient là. Une économie parallèle a pris le pas sur l’honnêteté des parisiens, certains tentaient de vendre des places qui atteignaient le prix d’un festival, des rumeurs circulaient dans le but de nuire à la soirée, un vrai scénario de film au final. Ricardo Villalobos allait-il être présent ? Ayant annulé par deux fois des gigs la semaine passée, il se faisait désirer et les aficionados se mordaient les doigts à l’idée de se retrouver avec une tête d’affiche de remplacement comme ce fut le cas au Rex suite à une chute malencontreuse à la sortie du marathon pour les 14 ans de la Fabric à Londres. Quand bien même Karat donnait généreusement une chambre d’hôtel suite à un désistement, tout le monde retenait son souffle, rien ne pouvait atteindre une soirée qui était attendue et qui allait être passée au peigne fin. L’excitation était grande mais mon objectivité semblait intacte à mon arrivée dans cette salle venue d’ailleurs. Si lors de la venue de Pan-Pot deux semaines auparavant l’organisation était un fiasco, entre des malaises dans la queue et un vestiaire incompétent, la team Katapult nous a sorti le grand jeu ce vendredi.Dans l’espoir d’éviter la foule on s’était donné une heure limite d’arrivée à minuit et demi, force est de constater que ça n’a pas eu beaucoup d’importance, rien à redire, on a même eu le droit à un petit voyage en tapis roulant, on s’imaginait déjà au retour l’esprit rempli de mélodies dansant en avançant. La salle était déjà bien remplie et je compris rapidement tous les superlatifs qu’on lui attribuait. La hauteur du plafond était impressionnante, le système son avec en première ligne deux paires de caissons Funktion One qui permettaient d’étendre la puissance jusqu’au fond de salle. J’ignorais auparavant que la salle était située en hauteur, en effet la vue sur Paris était saisissante, malgré la chaleur humaine qui entrainait la buée, on arrivait à distinguer certains monuments dont notamment la tour Effeil qui surplombait le tout. On avait raté Daniel Bell qui s’était lancé dans un warm-up allongé, Jef K était alors aux commandes, un mélange savoureux entre une house léchée et une techno douce remplie de sonorités. Le temps de faire le tour de l’immense salle de l’Electric, on découvrait un fumoir géant qui aurait pu s’étendre sur des centaines de mètre si les barrières ne barraient pas l’accès à un parking sans fin. Je ne serai pas en mesure de vous donner le nombre de personnes mais on était serré et c’était peut-être dur à encaisser pour ceux qui étaient là dès 20h.10154020_10152434514019574_1805036829_n

Une inondation de bière venait perturber l’accès à la salle principale, une pénurie bien trop vite arrivée mais on tentait de s’infiltrer parmi les danseurs déchainés, l’ambiance était bonne, les gens étaient dans l’attente et chauffés à blanc. Jef K n’a en aucun cas fait pâle figure, il a parfaitement su comment stimuler l’auditoire. Un Delano par là puis Eddie Amador et son hymne pour la House. Bref le garçon a placé la barre haute, on avait le sentiment après une heure que la foule avait doublé, les allées étaient maintenant bouchées et prendre de l’air devenait une mission de tous les instants, oui Villalobos allait entrer en scène et ça commençait à se savoir. Toute la fine crème de la nuit parisienne était venue elle aussi pour juger, parfois un peu éméchée il faut le reconnaitre.

Ricardo Villalobos se lançait dans une introduction intelligente comme il l’habitude de faire, on a réussi à trouver un coin pour danser convenablement et ce soir il semblait dans de bonnes prédispositions, il n’avait pas trop abusé sur le Jack et autres sucreries. Ce que je retiens principalement c’est ce rythme qu’il a imposé tout au long de son set, de nombreux morceaux symbolisaient une danse continue avec des basses qui claquent et une mélodie qui revient. Le morceau Let’s Groove de George Morel en est un parfait exemple et le clip aussi d’ailleurs. Alors certes les perpétuels râleurs diront que certaines transitions n’étaient pas au niveau mais ce soir là il m’a particulièrement impressionné dans sa façon de jongler entre deux sons, c’est une technique qui le caractérise contrairement à d’autres djs sur vinyles il peut à n’importe quel moment remettre le temps d’une seconde le morceau précédent pour créer une nouvelle mélodie, ça marche c’est efficace et je peux vous dire que la salle réagit, cela devient récurrent. Ricardo Villalobos a également cette façon de communiquer avec le public si spéciale, il est beau à voir mixer, sa technique bien qu’influencée par certaines substances est irréprochable, le vinyle n’a surement plus aucun secret pour lui.

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A mon humble avis, c’est surement ce morceau qui a marqué les esprits même si certains l’avaient déjà entendu, en sortant de la boite j’entendais plusieurs personnes reprendre ce refrain en coeur qui est sans doute resté dans beaucoup de têtes. Un moment spécial de plus dans une soirée riche en sonorités sud-américaines une nouvelle fois. Ce n’était surement pas comparable à l’année dernière mais cela reste un nouveau moment à ajouter à notre mémoire et qui sait, si une fille n’avait pas bousculé Ricardo Villalobos qui a alors renversé son verre sur la table de mixage il aurait peut-être continué jusqu’à midi mais ça on ne le saura jamais. Le lever de soleil nous a accueilli avec une certaine sympathie à la sortie, les animaux étaient lâchées dans la nature comme à  chaque fois.

Merci à Karat pour ces belles photos et surtout pour cette soirée titanesque.

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Thibault